TEXTES ET DOCUMENTS OFFICIELS

 

La plupart des ouvrages mentionnés ci-dessous sont consultables à la Bibliothèque historique des Postes et Télécommunications ou à la Bibliothèque du musée de La Poste à Paris :

 

Les "Instructions Générales" (IG)

Ces ouvrages volumineux (parfois en plusieurs tomes) regroupent tous les règlements officiels relatifs au service postal. C'est la base de la connaissance du fonctionnement de ce service. 

La première édition remonte à 1792. Compte tenu de l'importance de l'ouvrage, la parution de nouvelles éditions est espacée : 1808, 1832 (trois volumes), 1856, 1868, 1876 (réédition de l'édition de 1868 avec des mises à jour), 1899 (trois volumes),  1904 (réédition mise à jour de l’édition de 1889). À partir de 1899, l’instruction générale reçoit le numéro de nomenclature 500-34. À partir de 1905, paraît aussi une instruction générale en plusieurs tomes destinée aux directions départementales (et  plus tard régionales)  qui sera rééditée. Nous ne la développerons pas ici, nous contentant de celle en service dans les bureaux de poste.

À partir de 1918, l’instruction générale est publiée sous forme de fascicules spécialisés par sujet dont les parutions sont étalées sur plusieurs années avec de nouvelles éditions ne commençant pas forcément par le fascicule I. Ainsi l’édition débutée en 1918 avec la parution des fascicules I à VII se termine en 1925 avec le fascicule XIII. L’édition suivante débute en 1927 avec le fascicule VII et se termine en 1938 par la parution du fascicule III. Puis la plupart des fascicules reparaissent entre 1953 et 1960 sachant que certains sont réédités dans les années 1960. Entre 1973 et 1978, tous les fascicules reparaissent dans des reliures A4 à anneaux. La dernière réédition se fera sous la même forme entre 1986 et 1990 (N.B. Les dates données à partir des années 1950, établies à partir des exemplaires rencontrés, sont certainement améliorables).

La division des fascicules par sujet sera globalement  respectée pendant tout le XXe siècle de la façon suivante :

  • Fascicule I : Organisation générale, Matériel, Imprimés, Habillement
  • Fascicule II : Personnel (subdivisé en IIA, IIB, IIC…)
  • Fascicule III : Valeurs fiduciaires, Taxe et dépôt des correspondances
  • Fascicule IV : Expédition transport et arrivée des correspondances
  • Fascicule V : Bureaux ambulant et d’échange, Services maritimes
  • Fascicule VI : Expédition transport et arrivée des correspondances
  • Fascicule VII: Articles d’argent
  • Fascicule VIII : Recouvrements, Envois contre remboursement
  • Fascicule IX : Caisse nationale des retraites et d’assurance
  • Fascicule X : Caisse et comptabilité
  • Fascicule XI : Colis postaux
  • Fascicule XII : Chèques postaux
  • Fascicule XIII : Services financiers
  • Fascicule XIV : Emprunt des PTT
  • Fascicule XV : Caisse nationale d’Épargne

Des correctifs et compléments y sont très régulièrement apportés. Ils seront d’abord transcrits à la plume parfois sans datation. Mais il est possible, à cette époque, de retrouver les instructions ordonnant ces modifications dans le Bulletin mensuel des Postes. Puis, à partir de 1904, ces mises à jour se feront aussi par collage de textes imprimés à nouveau pas toujours datés (ce qui ne facilite ni la datation exacte de l’information trouvée ni l’accès à la version antérieure). La consultation de plusieurs exemplaires du même fascicule est parfois utile compte tenu du sérieux « variable » du travail de mise à jour par les bureaux. Compliquant encore le problème, les collages sont parfois successifs d’autant que certains fascicules peuvent avoir été mis à jour pendant une période de plus de trente ans. Depuis l’adoption du système de classeurs A4 à anneaux et à feuilles mobiles en 1973, le collage n’est plus utilisé que pour de courtes modifications. Les feuillets sont remplacés par de nouveaux qui portent une date. Cela aide à la datation de l’information mais ne donne plus accès aux versions précédentes, dont les feuillets ont été généralement jetés.

Les Instructions Générales pouvaient être achetées par le public. Les mises à jour étaient livrées en même temps, gratuitement à qui en faisait la demande, et représentaient souvent plusieurs fois le poids de l'Instruction d'origine !

 Certains ont été réédités par la "Société des Amis du musée de La Poste" (SAMP), 34 boulevard de Vaugirard, F 75731 Paris Cedex 15, France :

  • "Instruction générale sur le service des postes de 1792". 
  • "Instruction générale sur le service de la poste (tome 1, mai 1832)". 
  • "Instruction générale sur le service de la poste (tome 2, octobre 1832)". 
  • "Instruction générale sur le service de la poste (tome 3, octobre 1832)". 
  • "Dictionnaire de la poste aux lettres (1835)". 
  • "Instruction spéciale sur le service des distributions (avril 1834) suivi de la nomenclature des bureaux de distribution". 

 

Plusieurs Instructions générales sont disponibles dans Gallica (bibliothèque numérique de la Bnf aux adresses suivantes :

 

Les Circulaires de l'Administration des Postes

Ce sont des instructions imprimées que l’Administration centrale diffuse aux Directeurs des postes. Elles existent dès le XVIIIe siècle mais, de cette époque, il ne subsiste que bien peu de chose. À partir de 1792, l’Administration postale a pris la précaution de les conserver et d’en relier des collections (ce qui n’était pas demandé aux bureaux qui devait détruire ou renvoyer à Paris les instructions sans plus d’usage). À partir du 7 floréal an 4 elles commencent à être numérotées (la numérotation reprend généralement à "1" à chaque changement du Directeur Général des Postes). Il existe des circulaires non numérotées qui n’avaient pas vocation d’être conservées mais qui ont parfois contenu des détails importants d’histoire postale. Elles peuvent se trouver dans certaines collections de circulaires.

Chaque circulaire aborde généralement un (ou plus rarement deux ou plusieurs) sujet de réglementation postale. Elles sont à la base de nos connaissances sur la période 1792-1854.

Il a existé des circulaires spécialisées adressées à des bureaux particuliers comme les bureaux d’échange ou les bureaux français à l’étranger, elles ont en général été peu conservées. Après la parution du bulletin mensuel des postes il persistera des circulaires, non numérotées, dont la conservation a aussi été aléatoire.

 

Les "Bulletins des Postes" (BM, BO ou BP)

Créés par la circulaire n°44 du 8 septembre 1855, le premier s'annonce comme “n° 1 / Bulletin mensuel de l'administration des postes / septembre 1855”.

Ils sont publiés au minimum chaque mois, et informent nos postiers des modifications en tout genre concernant le service. On y trouve donc, au milieu des listes d'avancement, du prix des vélos et autres informations purement internes, un grand nombre de décisions concernant les tarifs, les émissions, les retraits et l'évolution du fonctionnement du service postal. Il y figure en particulier les dates d’application des nouvelles mesures.

Les bulletins de l’année précédente sont renvoyés en début d’année au service adéquat à fin de reliure, puis de renvoi pour archivage (la reliure, qui reste possible, ne semble plus être systématique depuis 2000).

Mais, selon les destinataires des Bulletins, les volumes reliés sont plus ou moins complets. Il existe également à certaines périodes des volumes "Annexe", souvent plus volumineux que le bulletin lui-même de la même année.

Depuis l'origine ces bulletins, d'un format variant approximativement de 13 x 16 cm à 16 x 22 cm, furent successivement dénommés (liste ne tenant peut-être pas compte de toutes les modifications mineures d'intitulé, ce qui ne présente pas un intérêt majeur) :

  • "Bulletin mensuel de l'administration des postes", de l'origine et jusqu'en avril 1878 (n° 109 supp.).

Nota : durant la guerre de 1870-1871, le Bulletin Mensuel ne paraît pas d'octobre 1870 à juillet 1871. En juillet 1871, certains bureaux reçoivent un numéro “28 supplémentaire” reprenant l'essentiel des textes publiés à Paris, à Tours puis à Bordeaux pendant cette période.

  • "Bulletin mensuel des postes et télégraphes" de mai 1878 (n° 1) (“À l'avenir il paraîtra régulièrement du 20 au 25 de chaque mois”) à la fin de 1881.

À partir de 1882 les textes annexes (ceux à “vocation temporaire”) sont parfois reliés séparément.

  • "Bulletin mensuel des postes et des télégraphes" de janvier 1882 à juin 1917 (n° 15).

En juillet 1917, suppression logique de "mensuel", le bulletin paraissant plus fréquemment depuis longtemps.

  • "Bulletin des postes et des télégraphes" en juillet (n° 16) et août 1917 ;
  • "Bulletin des postes, des télégraphes et des téléphones" de septembre 1917 (n° 18) à janvier 1928 ;
  •  "Bulletin des postes, télégraphes et téléphones" de février à décembre 1928.

En 1929 apparition de la mention "officiel".

  • "Bulletin officiel des postes, des télégraphes et des téléphones" de janvier à novembre 1929 (n° 25) ;
  • "Bulletin officiel des postes, télégraphes et téléphone" en décembre 1929 (n° 26) ;
  • "Bulletin officiel du Ministère des postes, télégraphes et téléphones" de janvier 1930 à 1948 ;
  • "Bulletin officiel des PTT" de 1949 à mai 1976 ;
  • "Bulletin officiel" de mai 1976 à 1983 ;
  • "Bulletin officiel PTT" de 1984 à 1990.

Avec le changement de statut des postes et télécommunications en France, le bulletin n'est plus annoncé comme "officiel" à partir de 1991.

  • "Bulletin de La Poste" de 1991 à 1996 ;
  • "Le Bulletin La Poste" depuis 1997

Selon les périodes les bulletins sont numérotés et paginés sur une année ou plus. À l'origine les changements de numérotation s'effectuaient lors de la publication d'une nouvelle Instruction Générale.

On doit insister sur le fait que depuis le changement de statut de La Poste un nombre, sans cesse grandissant, d'informations qu'on trouvait précédemment dans les "Bulletins" figure dans des Notes internes (voir plus loin), dépouillant progressivement le Bulletin de la majeure partie des textes relatifs au service postal.

La collection de 1855 à 1936 (avec des lacunes) est disponible dans Gallica (bibliothèque numérique de la Bnf aux adresses suivantes :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32730626t/date.r=bulletin+mensuel+des+postes.langFR

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32729505j/date.r=almanach+poste+paris.langFR

"L'Association Internationale d'Histoire Postale de la guerre de 1870-1871" (AIHP) a réédité, en février 1996 : "Bulletin supplémentaire n°28 de l'Administration des postes (textes et décrets publiés pendant la guerre de 1870-71)". 

 

Les Notes et Circulaires internes, les "Notes Chartées"

Depuis de nombreuses années les textes des Instructions ou des Bulletins sont régulièrement complétés ou commentés par des notes ou circulaires diverses. Certaines dates d'application étaient transmises par voie télégraphique ou par télex. À notre connaissance ces textes n'étaient pas archivés, du moins à long terme.

Après le changement de statut de La Poste, en 1990, les notes (circulaires), à usage interne, se multiplient et sont émises par les diverses Directions tant nationales (Siège Social, Direction du Courrier, Direction des Colis, etc.) que régionales.

On y trouve un nombre, sans cesse croissant, d’informations qu’on trouvait précédemment dans les "Bulletins" comme la "Liste des timbres-poste en service", "Émission et retrait de timbres-poste" ou des compléments et précisions sur certaines Instructions.

Elles sont, depuis courant 1999 (quand elles ont perdu leur appellation de "Note de service"), classées en quatre grands thèmes : "a" (pour "agir") - la grande majorité -, "d" (pour "décider"), "p" (pour "piloter") et "s" (pour "savoir").

Dans le jargon postal elles sont désignées sous le terme de “notes chartées”.

Leur numérotation est propre à la Direction émettrice, identifiable par le début de la référence de la note, par exemple :

  • DC pour Direction du Courrier,
  • DCF pour la Direction des Clientèles Financières,
  • DCL pour la Direction Colis et Logistique,
  • DDNS pour la Direction du Développement et des Nouveaux Produits,
  • DRGP pour la Direction du Réseau Grand Public.

On rencontre également "DLPxx" pour les directions départementales de La Poste où "xx" représente soit le numéro du département, soit d'autres lettres lorsqu'il s'agit d'identifier une délégation régionale (par exemple CMC pour Centre Massif Central).

Ces premiers sigles sont complétés par d'autres tels, à la DC, DCI pour la Direction du Courrier International, DMV pour la Direction du Marketing et des Ventes, ou SNTP pour le Service National du Timbre-poste et de la Philatélie, etc.

Suit ensuite une lettre unique, par exemple “a” pour “agir” ou “s” pour “savoir”. Et enfin une classification chronologique dans le cadre de la direction concernée.

On peut donc dire que la note DC-DCI.A.00-063 est la 63ème note (-063) “agir” (A) émise en 2000 (00) par la direction du courrier (DC) et qu'elle émane de la direction du courrier international (DCI).

Elles ne sont pas systématiquement adressées à tous les divers services, ou bureaux, de La Poste. Mais il en est dressé (au moins en ce qui concerne l’ensemble des directions nationales) des listes mensuelles et annuelles afin que chaque service, recette (etc.) puisse vérifier qu’il a bien reçu les Notes qu’il était en droit de recevoir, et éventuellement réclamer les manquantes. Y sont également précisées les notes qui doivent être jetées ! Hélas !

Depuis environ 2003 elles ne sont plus systématiquement envoyées sous forme "papier" aux bureaux qui peuvent les télécharger en format .pdf via Internet sur un site Intranet réservé aux postiers.

Elles ne sont pas fournies au public.

 

"L'Annuaire des Postes ou Manuel du Service de la poste aux Lettres" 

Créé en 1833 et publié tous les ans jusqu’en 1914 avec quelques changements de titre, on y trouve les renseignements pratiques sur le service postal, à destination des usagers (principalement parisiens). Y figurent, par exemple, la nomenclature des bureaux de poste y compris coloniaux et français à l’étranger, les jours et heures de départ de courrier de ou pour Paris, les départs des paquebots et des malles-poste, les tarifs des différents objets de correspondance (dont les tarifs pour l’étranger avant 1850 - difficiles à trouver -,).

Des Annuaires des postes sont disponibles dans Gallica (bibliothèque numérique de la Bnf aux adresses suivantes :

Édition de 1843 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k74421f.image

Édition de 1901 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k933130q.image

 On peut aussi télécharger sur Google Livres les éditions de 1833 et de 1857.

 

"L'Indicateur universel des P.T.T." 

À partir de fin 1919, existait "L’Indicateur universel des P.T.T.". Ce journal, privé, contenait toutes les informations détaillées des services des P.T.T., mises à jour mensuellement. L’Administration des P.T.T. y abonna tous les bureaux de poste, jusqu’à fin 1937, où il servait de document de référence au guichet.

Au niveau des bureaux de poste, il fut remplacé par le "guide officiel".
La collection est disponible à la BNF sous la cote : JO- 61098

 

Le "Guide Officiel" (GO)

Le premier porte la date du 1er décembre 1937. Ces guides regroupaient les informations générales sur l'ensemble (réglementation et tarifs) du service postal, télégraphique et téléphonique.

Le GO paraissait d’abord trimestriellement, jusqu’en 1939, puis deux fois par an jusqu’en 1968 (avec des exceptions pendant la guerre) et enfin environ annuellement au moins jusqu’en 1982. La dernière actualisation que nous connaissons est du 31 décembre 1996.

Les informations réglementaires consistaient en des résumés ou des citations de l'Instruction Générale, avec mention des références des articles de l'I.G. concernés.

Ces ouvrages ont l’intérêt de donner un « instantané » de la réglementation postale à la date de parution sous une forme claire et pratique. Ils peuvent contenir certains renseignements omis dans les BO (tarifs et conditions d’admissions des objets de correspondance pour l’étranger, tarifs postaux des pays étrangers, relations postales suspendues ou rétablies, certaines surtaxes aériennes, par exemple).

Le public pouvait se procurer le Guide Officiel et s’abonner aux compléments et mises à jour. 

 

Les Actes des Congrès de l'UPU

Les Congrès de l'Union Générale des Postes (dénommée ensuite Union Postale Universelle à partir de celui de Paris en mai 1878) se sont successivement tenus, depuis sa création à Berne le 9 octobre 1874, à :

Berne (1874) Paris (1878) Lisbonne (1885) Vienne (1891) Washington (1897)
Rome (1906) Madrid (1920) Stockholm (1924) Londres (1929) Le Caire (1934)
Buenos-Aires (1939) Paris (1947) Bruxelles (1952) Ottawa (1957) Vienne (1964)
Tokyo (1969) Lausanne (1974) Rio de Janeiro (1979) Hambourg (1984) Washington (1989)
Séoul (1994) Pékin (1999) Bucarest (2004) Genève (2008) Doha (2012)

Le prochain Congrès se tiendra en 2016 à Istanboul

 

Des "Conférences" ont eu lieu, entre autres, à Berne en 1876 (admission de l’Inde et des colonies françaises), à Paris en 1882 (colis postaux), à Zermatt en 1921, à Nice en 1922 ou à La Haye en 1927 (poste aérienne).

Après chaque Congrès des "Actes" sont publiés. On y trouve la réglementation concernant les échanges internationaux.

On peut se procurer, auprès de l'UPU à Berne (Suisse), la version papier des Actes du dernier congrès (par exemple, il est actuellement précisé que "les Actes de l'UPU sont publiés en quatre volumes : constitution et règlement général, manuel de la poste aux lettres, manuel des colis postaux, manuel des services de paiement de la postes". On peut également les télécharger (en français et en format .pdf) sur le site Internet ( http://www.upu.int/fr/index.html ) de cet organisme international.

Les "Manuels" comprennent les actes et des annotations explicatives reprenant parfois tout l’historique du point de réglementation qu’il aborde.

En France ces textes étaient repris, au moins en partie, dans les Bulletins Mensuels lors de leur mise en application. L’Administration française a également fait imprimer (à l'Imprimerie Nationale) les Actes, à l’occasion de chaque Congrès, pour diffusion aux bureaux et vente au public.

L'UPU réalise également des études par sujet, regroupées sous le terme général "Genèse des actes de l'UPU". On y trouve, pour chaque sujet traité, un synopsis et la liste complète de tous les textes modifiés au fur et à mesure des congrès. Ces genèses sont particulièrement utiles pour les chercheurs, mais ne sont malheureusement pas fournies au public.

 

Le "Bulletin des lois"

Recueil périodique des actes du gouvernement français, il fut créé par un décret du 14 frimaire an II (novembre 1793) mais ne commença à paraître qu'en mai 1794. Il existait précédemment d'autres "bulletins des lois" mais de publication privée. Tous les textes de lois et décrets français concernant la poste ainsi que certaines conventions postales avec des pays étrangers y figurent jusque dans les années 1880. Ces textes figurent ensuite plus généralement dans le “Journal officiel”. La plupart de ces textes se retrouvent dans les circulaires puis dans le bulletin mensuel à l’exception des textes qui ne concernaient pas spécialement les bureaux de poste de France. Nous pouvons ainsi y retrouver des décrets concernant les tarifs des bureaux français à l’étranger et certains tarifs inter-coloniaux.

La collection de 1794 à 1931 (avec des lacunes) est disponible dans Gallica (bibliothèque numérique de la Bnf à l’adresse suivante :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32726274t/date

 

Le "Moniteur Universel" et le "Journal Officiel"

Le "Journal Officiel" a succédé, en 1868, au “Moniteur Universel”.

Y figurent des textes de lois ou de délibérations de la Chambre des députés et du Sénat, parfois cités dans les textes réglementaires postaux mais non reproduits dans les Bulletins.

Le principal intérêt du Moniteur et du Journal officiel consiste en la reproduction des débats parlementaires. Certaines discussions sur l’adoption de lois sur la poste constituent des sources intéressantes de renseignements.

La collection du Journal Officiel de la République Française. Lois et décrets est disponible de 1870 à 1939  dans Gallica (bibliothèque numérique de la Bnf aux adresses suivantes :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb328020909/date.r=Journal+officiel+de+la+R%C3%A9publique+fran%C3%A7aise.langFR

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34378481r/date.r=Journal+officiel+de+la+R%C3%A9publique+fran%C3%A7aise.langFR

 Celui de la Commune : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6286451f.r=Journal+officiel+de+la+R%C3%A9publique+fran%C3%A7aise.langFR

Il est possible d’y consulter aussi la partie Débats parlementaires

 

Les cartes des routes de poste

Famille de cartes géographiques donnant le tracé du réseau des seules routes montées en poste. Elles précisent le nom de chaque relais de poste aux chevaux de ces routes. Leur format varie autour de 60 x 60 cm. Ces toutes premières cartes routières, essentiellement utiles aux voyageurs, ne reproduisent qu’une faible partie des routes existantes. 
La première paraît en France en 1632 (voir cependant le "complément" figurant en bas de page). Dessinée par Nicolas Sanson, elle est gravée et publiée par Melchior Tavernier. A partir de 1689 et jusqu’en 1779 la famille Jaillot bénéficie d’un privilège pour la diffusion des livres de poste, ouvrages contenant une carte des routes de poste. Les Jaillot reprennent l'idée de Sanson exprimée dans sa carte de 1632 et en font une convention qui restera la règle : chaque tiret de la route représente une lieue de poste et chaque point un quart de lieue de poste. La taxe des lettres étant «  payée suivant les distances comptées par le nombre des postes et la route que tiennent les courriers » les cartes des routes de poste permettent de comprendre la taxation de certaines lettres d’Ancien Régime. À partir de 1772, une carte dépliante détaillée figure dans les livres de poste et sa publication disparaîtra avec eux en 1859. La mise à jour quasi-annuelle des cartes à partir de la seconde moitié du XVIIIème siècle donne des renseignements de valeur sur l’évolution de ces routes et des emplacements des relais de poste. L’avènement du chemin de fer au XIXè siècle fera disparaître progressivement la poste aux chevaux, officiellement en 1873.
D’autres cartes de routes de poste sont publiées en France comme « Les routes des postes du Royaume de France » à partir de 1700 par Nicolas de Fer ou « La carte du Royaume de France où sont tracées exactement les routes des postes » de Robert en 1758. Des copies sont diffusées par des éditeurs étrangers comme Mathias Seutter d’Augsbourg ou les Héritiers Homann de Nuremberg mais donnent souvent des renseignements déjà anciens par rapport à la date de publication de la carte.

 

Partie lorraine de la carte des routes de poste Homann de 1745.

 

Les grands courriers ou parfois des services d’estafette, voire même dans certains cas des courriers d'entreprise, transportent sur les routes de poste les dépêches de la poste aux lettres. C’est le service de la malle qui se fait dans un véhicule postal, dénommé malle-poste, à partir des années 1793. Mais l’Administration des postes utilise bien d'autres itinéraires : les piétons et les courriers d’entreprise chargés du service postal sont nombreux sur le reste du réseau routier. Ce maillage est décrit dans d'autres cartes plus rarement publiées que celles des routes de postes et qui sont appelées cartes des services de la poste aux lettres. 

COMPLÉMENT

Eugène Vaillé (1) et Pierre Nougaret (2) citent une carte des routes de poste de 1626 éditée à Paris par Berey. Les ouvrages modernes d'historiographie des routes et cartes de poste de France (3, 4) considèrent généralement que la carte de 1632 de l'éditeur d'estampes Melchior Tavernier et du géographe du roi Nicolas Sanson est la première du genre.
L'activité de Nicolas Berey, éditeur de cartes géographiques à l'enseigne « Des Deux Globes près les Grands Augustins, au bout du Pont-Neuf » paraît débuter vers 1639 (5) et s'achever vers 1665. De nombreuses cartes de N. Berey peuvent être ainsi répertoriées entre ces deux dates alors qu'aucune ne semble antérieure à 1639 (6). Ces éléments font douter de l'authenticité de la date de publication de cette carte.
1. Histoire générale des postes tome 3, p. 215.
2. Bibliographie critique de l'histoire postale française, tome 1, n° 1715.
3. Guy Arbellot. Autour des routes de poste. Bibliothèque nationale. Musée de la Poste, 1992.
4. Georges Reverdy. Atlas historique des routes de France, Presses de l'École nationale des Ponts et Chaussées, 1986.
5. Vannereau M. A. Catalogue de l'exposition de cartes anciennes. Actes du 96e congrès national des sociétés savantes, section de géographie, volume 96. Paris, Bibliothèque nationale, 1971 p. 12.
6. Catalogue collectif de France (Répertoire national des bibliothèques et des fonds documentaires), http://ccfr.bnf.fr/portailccfr/jsp/index.jsp .

 Des cartes de routes de poste sont téléchargeables sur Gallica mais la qualité de la définition du scan disponible n’en permet pas l’exploitation.

 

Le dictionnaire des postes

Liste alphabétique des localités comportant pour chacune la désignation du bureau de poste où il faut adresser les lettres. Il s’agit au XVIIIème siècle des villes, bourgs, paroisses, abbayes et châteaux avec identification de leur province. Ce sera ensuite les communes, hameaux et autres lieux-dits avec leurs cantons et départements respectifs. 
Le Dictionnaire des postes est un document de service permettant de connaître les circonscriptions postales des bureaux de poste et leur évolution. À ce titre, il est fourni à tous les bureaux de poste, du moins depuis 1802. Il est mis à jour régulièrement par des circulaires administratives, le bulletin mensuel des postes, puis par des fascicules d’annotations. Sa consultation aide le personnel des postes à acheminer les lettres et permet au public de mieux les adresser. D’autres pays ont publié des ouvrages similaires et l’Union Postale Universelle, en 1895, publie un premier Dictionnaire international des bureaux de poste.

La première édition, signée Guyot employé des postes à Paris, date de 1754. Le même auteur publie deux nouvelles éditions en 1782 puis en 1787, enrichies de renseignements administratifs, commerciaux et industriels. C’est Lecousturier qui publie, avec l’agrément de la Poste, les deux éditions suivantes de 1802 et 1817. L’Administration des postes reprend cette publication avec 3 éditions en 1835, 1837 et 1845. Oberthur la poursuit en tant qu’imprimeur et éditeur sous les auspices de l’Administration des postes avec une dizaine d’ouvrages de 1859 à 1899. Sa dénomination change à partir de 1884 et devient Dictionnaire des Postes et Télégraphes en répertoriant les bureaux télégraphiques. L’Administration des postes produit les dernières éditions qui s’interrompent en 1913. Par la suite, il ne fera l’objet que de mises à jour connues jusqu’en 1922. L’Instruction Générale ne le mentionne plus dans son édition de 1936.

 

 

 Page de garde de l’édition de 1754 du Dictionnaire des postes.

De nombreux autres dictionnaires contiennent des renseignements postaux comme les dictionnaires des communes apparus au XIXe siècle et toujours publiés. Le Dictionnaire du Père Magnan de 1765 (Dictionnaire géographique portatif de la France, où l'on donne une connaissance exacte des provinces, gouvernements, villes, ... avec le nom des bureaux de poste) en est l’exemple le plus ancien. Les renseignements qu’ils contiennent doivent être considérés comme moins fiables puisqu’il ne s’agit pas de documents utilisés et mis à jour par les services postaux et que leur publication n’a pas toujours eu l’agrément de l’Administration des postes.

Des Dictionnaires des postes sont disponibles dans Gallica (bibliothèque numérique de la Bnf aux adresses suivantes :

Edition de 1754 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6283454r.r=Dictionnaire+des+postes+aux+lettres+contenant.langFR

Edition de 1837  2 tomes (l’additif de 1842 est aussi consultable): http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1043295c.r=Dictionnaire+des+postes+aux+lettres+contenant.langFR

Et 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k114527d.r=Dictionnaire+des+postes+aux+lettres+contenant.langFR

L’édition de 1802 (4 tomes) est  téléchargeable sur Google Livres.

 

Le livre de poste

D’abord intitulé « Liste générale des postes» et à partir de 1787 « État général des postes», il ne s’appelle « Livre de poste » qu’en 1825 et sa parution s’interrompt en 1859. Précédé d’ordonnances et de règlements, il dresse en détail la nomenclature des routes de poste et précise les distances entre chaque relais de poste. L’unité de ces distances est la poste divisée en demi-postes ou lieues de poste et plus tardivement en quarts de poste. L’ouvrage permet de fixer officiellement le prix de location des chevaux de poste que le voyageur ou le courrier doit payer au Maître de poste ainsi que les guides* qu’il doit verser au postillon qui accompagne les chevaux appartenant au relais dont il dépend et qu’il est chargé de ramener. Les postes de Lorraine font l’objet d’un chapitre séparé qui disparaîtra quelques années après la réunion de cette province au Royaume. Le livre de poste s’enrichira, surtout au XIXe siècle, de nombreux renseignements pratiques sur la poste aux chevaux et même sur les paquebots-poste français de Méditerranée.

Il est édité annuellement sous la forme d’un petit ouvrage, d’abord avec privilège par Jaillot à partir de 1708 puis à partir de 1780 imprimé par P.D.Pierres pour le compte de l’Administration des postes. Ensuite ce sera, suivant les époques, généralement l’Imprimerie impériale, royale ou nationale. Une petite carte grossière figure dans quelques éditions et sera remplacée à partir de 1772 par une grande carte détaillée des routes de poste. 

 

 

 Page de garde du livre de poste de 1762

Le livre de poste est la seule référence incontestable pour connaître les routes de poste, les ouvertures de nouveaux itinéraires, la modification des emplacements de relais ou leur suppression. 

* terme désignant la rémunération du service du postillon

Des livres de poste sont disponibles dans Gallica (bibliothèque numérique de la Bnf aux adresses suivantes :

Edition de 1721 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32808370z/date.r=Liste+g%C3%A9n%C3%A9rale+des+postes+de+France.langFR

Edition de 1811 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32769810s/date.r=%C3%89tat+g%C3%A9n%C3%A9ral+des+postes+de+France.langFR

 

Les éditions de 1841 et de 1853 sont téléchargeables sur Google Livres